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Emotion compliquée. J'écoute Massoud parler, filmé par Christophe de Ponfilly. Depuis un an que je travaille l'hindi, j'ai découvert les cousinages de cette langue de l'Inde du nord avec l'ourdou du pakistan et d'autres langues arabes et persannes. Quelques mots, un bout de phrases, compris avant le sous titrage. Une compréhension si lointaine, qui n'a pas lieu d'être.

Un monde survolé plusieurs fois. Le tracé des routes. Les combats devinés. Kurdistan, Irak, Iran, Afghanistan, Cachemire. Le temps du voyage est anormal. Au dessus du monde. A l'écart. Absurde.

Comprendre ne fait pas la paix. Comprendre c'est faire de quelque chose ou quelqu'un une partie de soi. C'est un commencement.

J'ai commencé de migrer vers blogger, blogspot. Un peu plus compliqué. Beaucoup mieux.

5 Commentaires 25.5.06 23:45, Commenter

Night's browser

La beauté est dans l'instant. Là. C'est déjà fini. Ma mémoire est encombrée de choses, d'objets, qu'une odeur ou une lumière rappelle. Ces souvenirs s'enlaidissent.

24 Mars 1974. La mère de Jan Zabrana meurt(*). Mon père, dans une R12, une cigarette au coin de la bouche. Sûr de sa condition d'homme et de salarié embourgeoisé des 30 Glorieuses. Un monde de béton cathodique. Quelque part sur la N7. Entre 2 appartements au mauvais gout multicolore. Semblable à l'appart des parents d'Alex dans Orange Mécanique.

Je regardais mon père. Plein de sa certitude. Je le regardais...Un instant de trop. Un grain de sable, une miette. Un doute...Le désir fou, inutile et vaniteux de savoir lequel des 2 vaincra, le grain de sable ou le mécanisme.

Maintenant, tout est arrété.

Le rêve est une succession d'images sans liens (aliénées)dont nous construisons le scénario au réveil, nous disait notre prof de philo. En quoi ma mémoire pleine de ces instants est utile pour découvrir le suivant ?

Quel destin que de se demander pendant une nuit d'insomnie si je vais me réveiller un jour.

(*) Jan Zabrana - Toute une vie - Allia

3 Commentaires 30.4.06 23:15, Commenter

aucun

Les femmes chantent

Les hommes jouent

3 Commentaires 27.2.06 10:07, Commenter

Sous l'oeil lunaire

Quelque chose en toi est replié, tordu. Noué peut être. Ce pli, cette contraction créé un vide. Autour. Cet espace est devenu une quête, une recherche. Cette espace a créé une distance, un écart entre toi et les autres, le monde. Parfois ce pli prend le nom de « question ». « Tu te poses trop de questions ». Cela signifie que cette torsion gène ton bien être, voire est un obstacle au bonheur.

La nature a horreur du vide. Et dans quelque chose qui est « naturel », tu introduis une déformation. Les plaques de ta conscience se chevauchent. Quelque chose va arriver. Une explosion, un cataclysme, un effondrement. Tu existes. Pourtant ce vide est toujours là. Ce pli, cette torsion...

Vivre c’est chercher. Au risque de…

Où es tu ?

1 Commentaire 11.2.06 05:17, Commenter

Choses et autres

Quelques phrases remarquables entendues au milieu du vacarme informatif quotidien :"la france, c'est comme une mobylette, pour avancer, elle a besoin de mélange".

Une autre : "Moi, tu sais, je suis un gamin de Tahiti. Alors les gens me parlent. Ils ont tous un truc à dire sur les plages, les vacances, le surf et les pays lointains. Moi j'ai pas de problème d'intégration. C'est pas juste parce qu'on est tous des enfants du soleil."

8.2.06 23:45, Commenter

La confusion nait du bazar...bordel !

C'est un peu le boxon, la post migration. Le mérite est une sorte d'évidence, il n'y avait pas de sens durable à séparer le diabète du reste. La machine a fait le mix. Je le garde et vais de ce pas me convertir au html, verbe de la grande synthèse.

2 Commentaires 29.1.06 22:49, Commenter

Vie à trou

Au début, je ne voulais pas jouer avec les mots. Je voulais juste que ma mémé soit heureuse. Alors quand elle disait des méchancetés, sur les noirs ou les juifs, je lui disais qu’elle avait tort. Quand j’ai grandi un peu, que l’école m’a expliqué le raisonnement hypothético-déductif, je m’en suis servi pour lui montrer qu’elle avait pas de preuve. Je pensais que si sa méchanceté était pas logique, elle s’arrêterait et elle serai plus heureuse.

Mais après, y’a eu des trucs bizarres. Ces méchancetés, elle ne les disait qu’à moi. Avec mon papa et ma maman, elle était toujours tout sourire. C’est vrai que mon papa, il a sa manière de prendre les mots. C’est toujours pour que plus personne n’en dise après lui. Alors la discussion, pas top. Du coup, comme tout le monde le sait, au début les gens disent des choses pas importantes, mais les yeux parlent. Et puis après, quand il a parlé, on dit plus rien. Mon papa me faisait peur.

Ma maman parlait autrement, avec ses douleurs, avec sa tendresse.

Ma mémé, elle tâtait le terrain, pour voir si je pouvais être différent de son gendre. A la maison, tout le monde savait ce que j’entendais. Mon papa, du haut de son silence, me disait qu’il savait. Ca voulait dire qu’on pouvait tout faire, dire, entendre, à condition de s’arrêter avant. Il y avait des choses que je ne savais pas et qu’on ne voulait pas me dire, alors j’ai pas demandé.

Ma mémé, elle utilisait les mots pour me manipuler. Alors comme je l’aime et que se boucher les oreilles ça se voit trop, j’ai fermé ma bouche. Pas tout le temps. Elle a ouvert mes sens au chocolat noir, aux Benson and Hedges et au malt. Ah oui, et puis un plateau télé avec un Riesling des familles, j’oublierai pas.

Maintenant, ma mémé, elle se souvient plus de moi. Elle me dit « monsieur » et « vous ». Mais elle me raconte des choses qu’elle m’avait jamais dite. Ce merveilleux concert à Paris en 1930 ou 1933, des Comedian Harmonist, ce groupe de jazz vocal allemand (que des juifs presque). C’est marrant le destin. Elle est devenue moins méchante. Pas grâce à la raison.

3 Commentaires 21.12.05 22:12, Commenter